« L'inconscient est structuré comme un langage », prononce Lacan en 1955. Cette proposition oriente toute notre pratique : ce qui vous fait souffrir parle, à condition qu'on lui prête une oreille capable d'entendre. La psychanalyse d'orientation lacanienne ne vise pas à effacer le symptôme, ni à vous adapter à ce qu'on attend de vous. Elle ouvre un espace pour que votre parole se déploie et que ce qui s'y trouve à votre insu — désirs, contradictions, attaches — vienne à se dire.
Le symptôme n'est pas un défaut de fonctionnement à supprimer. C'est une formation de l'inconscient, une tentative de solution face à un conflit que la conscience ne peut traiter seule. Plutôt que de le faire taire, nous travaillons à comprendre ce qu'il dit de votre histoire et de votre désir — non pour expliquer, mais pour permettre un déplacement.
La psychanalyse n'est pas une thérapie brève. Elle suppose un engagement dans la durée, souvent plusieurs séances par semaine, parfois sur plusieurs années. Cette fréquence n'est pas une exigence administrative : elle est constitutive du dispositif. C'est elle qui permet à l'inconscient de se déployer d'une séance à l'autre, et qui donne à la cure sa portée transformatrice.
Dans le symptôme, dans le rêve, dans le lapsus — partout où quelque chose revient sans qu'on l'attende — un sujet que la conscience ne maîtrise pas se laisse entendre. La psychanalyse fait de cette parole le matériau même du travail. L'analyste écoute, ponctue, interprète : il offre à votre parole une oreille capable de répondre. C'est dans cet aller-retour que peut se dire ce qui jusqu'alors n'avait pas trouvé sa formulation. « Toute parole appelle réponse », écrivait Lacan dès 1953 ; toute la cure repose sur cette réponse.