Le 1er mai 1889, Freud devient le médecin d'une dame d'une quarantaine d'années, « dont l'affection comme la personnalité m'inspirèrent tant d'intérêt que je lui consacrai une grande partie de mon temps et fis de son rétablissement ma tâche ». La patiente que les Études sur l'hystérie appellent Emmy von N. était Fanny Moser, veuve d'un grand industriel suisse ; par discrétion, Freud la dit issue d'une famille établie dans les provinces baltes de l'Empire russe et la fait vivre dans un manoir au bord de la Baltique, alors qu'elle habitait un château au bord du lac de Zurich. Il résout d'employer avec elle le procédé que Breuer lui avait décrit, l'investigation sous hypnose, et il en prévient le lecteur : « C'était ma première tentative dans le maniement de cette méthode thérapeutique ; j'étais encore loin de la maîtriser ».
L'observation est la plus ancienne des quatre que Freud signe dans le volume, et sa forme est singulière. Freud y reproduit les notes qu'il prenait chaque soir pendant les trois premières semaines du traitement, et il les accompagne, en 1895, de notes et de remarques intercalées, « là où l'expérience acquise par la suite m'a permis une meilleure compréhension ». Deux dates se lisent ainsi dans le même texte : celle du médecin de 1889 et celle de l'auteur qui le relit six ans plus tard. Notre billet sur Breuer et Anna O. se terminait sur l’idée que les histoires de malades signées par Freud montrent plusieurs pierres de la psychanalyse posées une à une ; l’observation d’Emmy montre les premières.
Le fil que nous suivrons est celui d'un mot. Freud traite Emmy avec tous les moyens d'influence dont disposait un neurologue viennois de 1889, et il rencontre une femme qui veillait, dit l'épicrise, « jalousement à ce que personne ne prît trop d'influence sur ses actes ». Le mot allemand, Einfluss ou Beeinflussung, traverse l'observation : il dit ce que le médecin exerce, ce dont la patiente se garde, et ce à quoi elle impute ses maux. Que devient une méthode d'influence quand elle s'exerce sur une patiente qui s'en défend, et qu'en apprend Freud, en 1889 puis en 1895 ?
Tous les moyens de l'influence
Le traitement commence par un déplacement. Freud propose à sa patiente de se séparer de ses deux filles et d'entrer dans un sanatorium où il pourra la voir chaque jour ; elle accepte « sans un mot d'objection ». Il prescrit des bains chauds et ajoute : « je la masserai deux fois par jour sur tout le corps ». La patiente passe la plus grande partie de la journée alitée. On reconnaît dans ce régime les ingrédients de la cure de repos de Silas Weir Mitchell, dont Freud avait recensé la traduction allemande en 1887 : isolement, alitement, massage, suralimentation. Le chapitre sur la psychothérapie de l'hystérie dira qu'il associe d'ordinaire la méthode cathartique à une telle cure.
L'hypnose vient ensuite. « Je tiens un doigt devant elle, je lui lance : Dormez! », et dès la deuxième séance s'installe un somnambulisme complet. Dans cet état, Freud fait deux choses. Il interroge, selon le procédé de Breuer, et la patiente livre des séries de souvenirs d'effroi, bêtes mortes, cadavres, asiles d'aliénés, qu'elle revoit « avec toute la vivacité de la réalité ». Mais il les efface aussitôt : « Ma thérapeutique consiste à effacer ces images, de sorte qu'elle ne puisse plus les avoir sous les yeux. » Il y ajoute des leçons, données à l'état de veille et répétées sous hypnose : il en appelle à ses lumières, l'invite à croire son médecin plutôt que la sotte servante qui lui racontait des histoires d'asile, et lui enseigne qu'il existe entre le bien et le mal tout un groupe de choses indifférentes dont personne ne doit se faire reproche.
Le médecin de 1889 a confiance dans ces moyens. Le 10 mai, il note : « Ainsi mon influence se fait-elle sentir chaque fois dès le massage ». Celui de 1895 les juge autrement. Les hypnoses étant vite devenues stériles, écrit-il, il les employait le plus souvent à donner des leçons ; il était alors, précise-t-il, « entièrement sous le charme du livre de Bernheim sur la suggestion » (völlig unter dem Banne), et attendait de cette influence didactique plus qu'il n'en attendrait aujourd'hui. Ce livre, De la suggestion et de ses applications à la thérapeutique, Freud venait de le traduire. À l'été 1889, entre les deux traitements d'Emmy, il ira voir Bernheim à l'œuvre à Nancy ; il dira, à propos de Miss Lucy R., qu'à sa clinique « il semblait presque qu'un tel art existât réellement et qu'on pût l'apprendre de Bernheim ».
Une parole qui complète l'hypnose
C'est pourtant hors de l'hypnose, pendant le massage, que se produit la première surprise. Le 10 mai, Freud remarque que la conversation de sa patiente « n'est pas aussi dépourvue d'intention qu'il y paraît » : elle reprend presque tout ce qui l'a affectée depuis la séance précédente et aboutit, sans y avoir été invitée, à des réminiscences pathogènes dont elle se libère en les disant. « C'est comme si elle avait fait sien mon procédé et se servait de la conversation, apparemment libre et guidée par le hasard, pour compléter l'hypnose. » L'allemand dit zur Ergänzung der Hypnose : la conversation vient en supplément. Freud lit la scène dans son cadre, comme l'appropriation de la méthode du médecin par une bonne élève. Ce qu'il consigne déborde pourtant ce cadre : une parole en apparence livrée au hasard obéit à une intention, et la malade éveillée est guidée par ce qu'elle a vécu en somnambule et dont elle croit ne rien savoir.
Les deux jours suivants mettent cette parole à l'épreuve de la suggestion. Le 11 au soir, Emmy raconte la mort de son mari ; lorsqu'elle passe à ses griefs contre sa fille cadette, Freud l'interrompt et détache de sa mémoire la réminiscence entière, « comme si elle n'y avait jamais été ». À sa surprise, elle revient aussitôt aux asiles, dont il avait coupé le récit trois jours plus tôt, et le journal enregistre la leçon : « je ne peux tout de même pas m'épargner de l'écouter jusqu'au bout sur chaque point ». Interrogée sur l'origine de son bégaiement, elle finit par lancer, avec irritation : « Parce que je n'en ai pas le droit ». Freud croit y voir un succès de sa suggestion ; elle demande à être réveillée.
La note de 1895 déchiffre la scène autrement. Sa « nature indocile, qui se cabrait contre toute contrainte », avait irrité la patiente contre un médecin qui tenait son récit pour achevé ; n'osant pas le lui reprocher, elle avait produit « ces compléments en apparence sans transition, sans trahir le fil de pensée qui les reliait ». Freud ajoute : « J'ai beaucoup d'autres preuves qu'elle surveillait d'un œil critique mon travail dans sa conscience hypnotique. » Le lendemain, 12 mai, elle le dit en clair, d'un ton « franchement bougon » : il (Freud) ne doit pas toujours demander d'où vient ceci ou cela, mais la laisser raconter ce qu'elle a à lui dire. Freud y consent, et elle reprend là où il l'avait coupée : « Quand ils l'ont emporté, je n'ai pas pu croire qu'il était mort. » Il reconnaît alors que son humeur sombre venait du « reste retenu de cette histoire ».
Ce que la parole de la patiente complète, c'est donc moins l'hypnose que le récit interrompu par la suggestion. On a souvent vu dans la protestation du 12 mai une première forme de ce qui deviendra la règle de l'association libre. Le texte montre plus simplement une patiente qui réclame de conduire son récit et un médecin qui y consent. Lacan posera en 1958, dans « La direction de la cure », que le psychanalyste dirige la cure, mais que le premier principe de cette cure est qu'il ne dirige pas le patient. On peut relire à cette lumière la protestation d'Emmy, qui ne refuse pas le traitement, mais la direction de son récit.
Ce qui résiste à la suggestion
Les leçons, elles, échouent. « Toutes ces suggestions didactiques échouèrent chez Mme Emmy, comme la suite l'a montré », note Freud en 1895, et le journal de 1889 en doutait déjà : la patiente accueillait ses enseignements à peu près comme l'eût fait « quelque moine ascétique du Moyen Âge ». Quand il lui rend visite chez elle, en 1891, Freud trouve une femme plus saine et plus active, dont les traits de caractère ont pourtant peu changé « en dépit de toutes les suggestions didactiques ».
L'épicrise tire de ces échecs une observation précise. Là où Freud voulait agir par « la suggestion autoritaire », sans s'engager dans la genèse du symptôme, la somnambule prenait une expression tendue, mécontente, et répondait, quand il lui demandait si elle aurait encore peur d'un animal : « Non, – parce que vous l'exigez. » De tous ses enseignements, Freud écrit qu'il aurait pu les remplacer par l'unique suggestion : « Soyez en bonne santé. » Or la même femme se montrait « docile comme le meilleur médium d'hôpital » dès qu'il s'agissait de suggestions sans rapport avec sa maladie. La suggestibilité n'est donc pas une propriété générale : elle cède sur l'indifférent et résiste là où le symptôme a ses raisons. Seul un cerveau véritablement pathologique, conclut Freud, laisserait « dissiper d'un souffle, par la suggestion, des résultats aussi légitimes de processus psychiques intenses ». Le symptôme est un résultat légitime : il a une histoire, que l'analyse peut défaire et que la suggestion ne fait que contredire.
Le second traitement, en 1890, en donne la scène la plus nette. Freud découvre qu'Emmy jette sa pâtisserie au jardin, mange peu et ne boit pas d'eau ; il lui prescrit de manger davantage et de boire une eau alcaline. « Je le ferai parce que vous l'exigez, mais je vous le dis d'avance, cela finira mal, parce que c'est contraire à ma nature, et mon père était pareil. » Le lendemain, elle a obéi et souffre de violentes douleurs d'estomac ; l'hypnose échoue pour la première fois. Freud lui laisse vingt-quatre heures pour admettre que ces douleurs viennent de sa peur, faute de quoi il la priera de partir, et il la retrouve « humble et matée » : « Je crois qu'elles viennent de mon angoisse, mais seulement parce que vous le dites. » La patiente formule ici, mieux que son médecin, ce qu'est une conviction obtenue par suggestion. Ce qui la délivre ensuite, selon Freud, n'est pas l'ultimatum mais l'investigation sous hypnose, qui fait remonter la viande froide que sa mère, « très sévère », l'obligeait à manger deux heures plus tard sous peine de punition, les couverts d'un frère malade, le crachoir d'un autre. L'effet, note-t-il, fut « immédiat et durable ». On peut remarquer que ces souvenirs ne sont venus qu'après la soumission, et que l'exigence du médecin répétait celle de la mère ; Freud ne le relève pas.
La dernière influence médicale
L'influence revient sous une autre forme, comme la cause que la malade se donne. Le 15 mai au matin, Emmy accueille Freud d'un « Je meurs d'angoisse » et explique son état par l'ascenseur de la pension où logent ses enfants : elle a exigé qu'ils le prennent pour descendre, et il ne serait pas sûr. Freud connaît la pension, montre à sa patiente l'invraisemblance de sa crainte, et elle en rit sans peine : « C'est justement pourquoi je ne puis croire que ce fût là la cause de son angoisse ». L'explication tombe, l'angoisse demeure. Sous hypnose, la vraie raison vient sans hésitation : elle craignait que ses règles ne reviennent et ne la gênent de nouveau pour le massage.
La note qui commente l'épisode énonce une loi. Freud la rapproche des expériences de Bernheim, où le sujet exécute au réveil un ordre reçu sous hypnose et s'en invente aussitôt le motif : « Il semble exister un besoin de mettre les phénomènes psychiques dont on prend conscience en connexion causale avec d'autres éléments conscients. Là où la causalité réelle se dérobe à la perception de la conscience, on tente sans scrupule une autre connexion, à laquelle on croit soi-même, bien qu'elle soit fausse. » Il nomme ce mécanisme fausse connexion, et l'illustre par un exemple où il tient lui-même le premier rôle. Il propose à Emmy des demi-bains frais ; elle objecte qu'ils la rendent mélancolique, mais promet d'obéir. Il renonce « en apparence », puis lui suggère sous hypnose de proposer elle-même ces bains ; le lendemain, elle cherche à l'en convaincre « avec tous les arguments que je lui avais exposés », et il cède sans empressement. Le lendemain du bain, elle est sombre et accuse le bain froid. « C'est vous-même qui l'avez demandé », lui répond Freud. La vraie cause, sous hypnose, est une révolution à Saint-Domingue, où vit l'un de ses frères. Le médecin a fabriqué une première attribution trompeuse ; la patiente en a produit une seconde. Freud généralise : le malade « est toujours enclin à faire dériver ce symptôme de la dernière influence médicale qu'il a subie » (von der letzten ärztlichen Beeinflussung).
La suite de l'observation donne à cette loi une ampleur que Freud ne relève pas. Après le premier traitement, la fille aînée est soignée, sur son conseil, par un gynécologue réputé, le Dr N., puis par un autre gynécologue ; elle tombe gravement malade. La mère parvient à la conclusion qu'ils étaient « tous deux, le Dr N. et moi, coupables de la maladie de l'enfant », et « elle annula pour ainsi dire, par un acte de volonté, l'effet de [son] traitement ». On la persuade de l'innocence des deux accusés, mais son aversion envers Freud demeure « à titre de reste hystérique ». Comme pour l'ascenseur, l'explication a cédé et l'affect est resté. Freud précise seulement qu'il n'a « pas cherché à retracer » le cheminement de sa pensée.
Le mot qui servira à nommer ce phénomène paraît au même endroit, dans un autre sens. Emmy part se faire soigner dans un sanatorium d'Allemagne du Nord, et Freud indique au médecin-chef quelle modification de la thérapie hypnotique avait réussi avec elle : « Cette tentative de transfert [Uebertragung] échoua de fond en comble. » On avait transmis une méthode, non un lien. De retour à Vienne en 1890, elle crie, à la première tentative d'hypnose : « Je n'aime pas le Dr R., il m'est antipathique », et Freud doit la ramener « à la situation présente » : c'est à lui qu'elle parle comme à l'autre médecin. Au chapitre sur la psychothérapie de l'hystérie, Freud décrira la crainte de la malade de transférer sur la personne du médecin des représentations pénibles, et il écrira : « Le transfert sur le médecin se fait par fausse connexion (cf. p. 55). » La page 55 est celle de l'ascenseur. Nous avons suivi, à propos d'Anna O., les étapes ultérieures du concept ; l'observation d'Emmy en montre la source.
Ce que Freud relit en 1895
Les notes de 1895 ne condamnent pas tout le traitement. Freud s'y reproche ses suggestions didactiques et ses investigations superficielles : « Ce n'était guère une bonne méthode que je suivais là. » Il reconnaît être allé « trop loin » dans son énergie lorsqu'il effaçait le souvenir de la mort du mari, au point que la patiente se plaignait encore, un an et demi plus tard, de ne se rappeler que vaguement des moments importants de sa vie. Il ne renie pas l'investigation sous hypnose, à laquelle il doit au contraire une découverte apprise « ici pour la première fois » : le récit d'un délire récent remonte le temps, des impressions les plus récentes jusqu'à l'impression primaire. C'est la suggestion qu'il met en cause, non l'hypnose. Il situe même au temps d'Emmy ses premiers doutes sérieux sur la thèse de Bernheim, « Tout est dans la suggestion » : il ne parvient pas à croire que son doigt levé et un seul « Dormez » aient créé l'état où la mémoire de sa patiente embrassait toutes ses expériences vécues. Cet état, il l'a peut-être provoqué ; il ne l'a pas créé par sa suggestion, « puisque ses caractères […] m'ont tellement surpris ».
La relecture est aussi théorique. Au chapitre sur la psychothérapie de l'hystérie, Freud écrit qu'en commençant le traitement d'Emmy il était loin de s'attendre à trouver une névrose sexuelle comme terrain de l'hystérie : « je sortais tout juste de l'école de Charcot et je considérais le fait de relier une hystérie au thème de la sexualité comme une sorte d'injure – à peu près comme les patientes elles-mêmes ont coutume de le faire ». En relisant ses notes, il y reconnaît une névrose d'angoisse due à l'abstinence, et l'épicrise précise que les souvenirs expliquent le choix des phobies, mais non leur persistance. Il note surtout que l'élément sexuel faisait « entièrement défaut » dans les confidences de sa patiente, et qu'il n'a sans doute entendu de sa vie qu'une editio in usum delphini, une édition expurgée. L'indice qu'il retient est la réserve avec laquelle elle lui avait raconté, sous hypnose, une aventure d'hôtel : entrée malgré l'opposition de sa camériste dans la chambre de celle-ci, elle y avait découvert un homme. « C'était manifestement le facteur érotique de cette petite aventure qui l'avait amenée à en donner une présentation infidèle. » La sexualité entre dans l'observation comme motif de défense, à l'endroit où le récit se déforme.
Ce que la relecture ne voit pas compte autant. La page où la patiente se sert de la conversation « pour compléter l'hypnose » ne reçoit aucune note. C'est qu'en 1895 la technique de Freud a changé de moyen sans changer de principe. Avec Miss Lucy R., traitée à la fin de 1892, il a renoncé au somnambulisme, sur le modèle d'une expérience de Bernheim lui-même : il part de l'hypothèse que les malades savent tout ce qui importe et qu'« il s'agissait seulement de les contraindre à le communiquer », la main posée sur leur front. Il leur demande de dire sans critique ce qui leur vient, mais il presse, insiste, déclare impossible qu'il ne leur soit rien venu. Le médecin n'impose plus un contenu ; il force la communication. Or Emmy, dit la note de 1895, se cabrait contre toute contrainte. Le pas que réclamait sa protestation, laisser venir la parole, restait à faire.
Ce que nous en retenons
L'épreuve n'a pas guéri la patiente. Le succès, écrit Freud, fut « tout à fait considérable, mais non durable » : l'aptitude à retomber malade sous l'effet de nouveaux traumas ne fut pas supprimée, et le chapitre sur la psychothérapie de l'hystérie concédera que la méthode cathartique est symptomatique et non causale. La méthode d'influence a pourtant rencontré chez Emmy ses limites, et chacune a laissé une trace. La parole de la patiente suit un fil que le médecin ne commande pas. Le symptôme résiste à la suggestion parce qu'il est fondé. L'influence revient comme la cause que la malade se donne, et la relation au médecin devient le lieu d'une fausse connexion. La sexualité, enfin, paraît là où le récit se déforme.
Ces leçons sont, pour une bonne part, formulées par la patiente avant de l'être par son médecin. C'est elle qui demande qu'on la laisse raconter, elle qui dit croire « seulement parce que vous le dites », elle qui accuse la dernière influence médicale. Le mérite de Freud tient à ce qu'il a consigné ces protestations, y compris quand elles le désavouaient, et à ce qu'il les a relues, en partie seulement, six ans plus tard. Miss Lucy R. montrera ce que devient la méthode lorsque l'hypnose elle-même fait défaut.
Note sur les éditions
L'observation de « Mme Emmy von N. » est la deuxième des histoires de malades des Studien über Hysterie (Leipzig et Vienne, Franz Deuticke, 1895) ; nous la citons dans notre traduction, faite sur cette édition. En français, on la lit aussi dans la traduction d'Anne Berman, Études sur l'hystérie (PUF, 1956), et dans le deuxième volume des Œuvres complètes (PUF) ; en anglais, au deuxième volume de la Standard Edition (1955). Ola Andersson a confirmé en 1979 les dates que donne Freud pour les deux traitements (1889 et 1890), que James Strachey inclinait à avancer d'un an ; Henri F. Ellenberger a consacré à Fanny Moser une étude parue dans L'Évolution psychiatrique en 1977. Freud a publié sa traduction du livre de Bernheim sur la suggestion, Die Suggestion und ihre Heilwirkung, en 1888-1889, et son compte rendu de Weir Mitchell en 1887. L'article « Hypnose » (1891), présenté en encart, a paru dans le Therapeutisches Lexikon für praktische Ärzte d'Anton Bum (Vienne, Urban & Schwarzenberg, col. 724-732) ; redécouvert en 1963, il se lit au premier volume de la Standard Edition, dans le volume complémentaire des Gesammelte Werke (1987) et, en français, dans L'écrit du temps (n° 6, 1984). Chez Lacan, « La direction de la cure et les principes de son pouvoir » (1958) se lit dans les Écrits (Seuil, 1966).
